BWV 60

O Ewigkeit, du Donnerwort

(Dialogus)

O Eternité, parole redoutable

(Dialogue)

Crainte (Alto)

Espérance (Ténor)

Christ (Basse)

1. Choral à l’alto et air de ténor  

Cor, Hautbois d’amour I/II, Violons I/II, Violes, Continuo

Alt:

O Ewigkeit, du Donnerwort,

O Schwert, das durch die Seele bohrt,

O Anfang sonder Ende!

O Ewigkeit, Zeit ohne Zeit,

Ich weiß vor großer Traurigkeit

Nicht, wo ich mich hinwende

Mein ganz erschrocknes Herze bebt

Daß mir die Zung am Gaumen klebt.

 

Tenor:

Herr, ich warte auf dein Heil.

Alto :

O Éternité, parole redoutable, épée qui transperce l’âme, commencement sans fin ! O Éternité, temps intemporel, je ne sais pas face à une si grande tristesse vers qui me tourner, tout mon cœur terrifié tremble tant que ma langue colle à mon palais.

 

 

 

Ténor :

Seigneur, j’attends ton salut.

(Psaume 119,166)

2. Récitatif d’alto et de ténor

Continuo

Alt:

O schwerer Gang zum letzten Kampf und Streite!

 

Tenor:

Mein Beistand ist schon da,

Mein Heiland steht mir ja

Mit Trost zur Seite.

 

Alt:

Die Todesangst, der letzte Schmerz

Ereilt und überfällt mein Herz

Und martert diese Glieder.

 

Tenor:

Ich lege diesen Leib vor Gott zum Opfer nieder.

Ist gleich der Trübsal Feuer heiß,

Genung, es reinigt mich zu Gottes Preis.

 

Alt:

Doch nun wird sich der Sünden

Große Schuld vor mein Gesichte stellen.

 

Tenor:

Gott wird deswegen doch kein Todesurteil fällen.

Er gibt ein Ende den Versuchungsplagen,

Daß man sie kann ertragen.

Alto :

Quel terrible chemin pour l’ultime combat et la dernière lutte !

Ténor :

Mon secours est déjà là, mon Sauveur se tient à mes côtés et me réconforte.

 

 

Alto :

L’angoisse de la mort, la dernière douleur étreint et surprend mon cœur, martyrisant mon corps

 

 

Ténor :

Je dépose ce corps devant Dieu en sacrifice. Il est comme le feu du désespoir et c’est suffisant pour me purifier devant Dieu.

 

Alto : Ainsi maintenant les péchés de ma si grande faute viennent se placer devant moi.

 

 

Ténor :

Dieu n’en fera pas pour autant tomber sur toi un jugement fatal. Il met un terme aux tourments afin que nous puissions les supporter.

3. Air en duo d’alto et de ténor

Hautbois d’amour, Violon solo, Continuo

Alt:

Mein letztes Lager will mich schrecken,

 

Tenor:

Mich wird des Heilands Hand bedecken,

 

Alt:

Des Glaubens Schwachheit sinket fast,

 

Tenor:

Mein Jesus trägt mit mir die Last.

 

Alt:

Das offne Grab sieht greulich aus,

 

Tenor:

Es wird mir doch ein Friedenshaus.

Alto :

Ma dernière couche m’effraie

 

Ténor :

La main du Seigneur me couvrira

 

Alto :

La faiblesse de ma foi me fait chanceler

 

Ténor :

Mais Jésus porte le fardeau avec moi.

 

Alto :

La tombe ouverte me paraît horrible

 

Ténor :

C’est pourtant un havre de paix.

4. Récitatif d’alto et arioso de basse

Continuo

Alt:

Der Tod bleibt doch der menschlichen

Natur verhasst

Und reißet fast

Die Hoffnung ganz zu Boden.

 

Baß:

Selig sind die Toten;

 

 

Alt:

Ach! aber ach, wieviel Gefahr

Stellt sich der Seele dar,

Den Sterbeweg zu gehen!

Vielleicht wird ihr der Höllenrachen

Den Tod erschrecklich machen,

Wenn er sie zu verschlingen sucht;

Vielleicht ist sie bereits verflucht

Zum ewigen Verderben.

 

Baß:

Selig sind die Toten, die in dem Herren sterben;

 

Alt:

Wenn ich im Herren sterbe,

ist denn die Seligkeit mein Teil und Erbe?

Der Leib wird ja der Würmer Speise!

Ja, werden meine Glieder

Zu Staub und Erde wieder,

da ich ein Kind des Todes heiße,

so schein ich ja im Grabe an verderben.

 

Baß:

Selig sind die Toten, die in dem Herren sterben, von nun an.

 

Alt:

Wohlan! soll ich von nun an selig sein:

So stelle dich, o Hoffnung, wieder ein!

Mein Leib mag ohne Furcht im Schlafe ruhn,

Der Geist kann einen Blick in jene Freude tun.

Alto :

La mort reste haïe par la nature humaine et a vite fait de terrasser l’espérance.

 

 

 

Basse :

Bienheureux les morts ;

(Apocalypse : 14,13)

 

Alto : Hélas, mais hélas à combien de périls l’âme n’est-elle pas exposée en prenant le chemin de la mort ! peut-être le gouffre de l’enfer lui rend-elle la mort effrayante quand il cherchera à l’engloutir. Mais peut-être est-elle déjà condamnée à la torture éternelle.

 

 

 

Basse :

Bienheureux les morts qui meurent dans le Seigneur ;

 

Alto :

Si je meurs dans le Seigneur, la félicité me sera-t-elle donnée en partage ? Mais mon corps ne sera-t-il pas laissé en pâture aux vers ? Mes os ne retourneront ils pas à la poussière et à la terre ? Et puisque je m’appelle enfant de la mort, ne suis-je pas destiné à pourrir dans la tombe ?

 

 

Basse :

Bienheureux dès maintenant ceux qui meurent dans le Seigneur.

 

Alto :

Allons ! si je dois dès maintenant connaître la félicité alors reprends ta place à mes côtés, toi l’espérance ! mon cœur peut reposer sans crainte dans le sommeil, mon esprit peut déjà percevoir un regard de cette joie.

5. Choral

Cor et Hautbois d’amour I et Violons I avec Soprani, Hautbois d’amour II et Violons II avec Alti, Violes avec Ténors, Continuo

Es ist genug;

Herr, wenn es dir gefällt,

So spanne mich doch aus!

Mein Jesu kömmt;

Nun gute Nacht, o Welt!

Ich fahr ins Himmelshaus,

Ich fahre sicher hin mit Frieden,

Mein großer Jammer bleibt danieden.

Es ist genug.

C’en est assez : Seigneur, quand il te plaira accorde-moi de mourir ! mon Jésus vient ; Maintenant, bonne nuit, ô monde ! Je vais dans ma demeure céleste, je pars rassuré et avec joie, mes grandes souffrances restent là. C’en est assez.

À propos

Distribution

Soli : Alto Ténor Basse, Chœur : S A T B, Cor, Hautbois d’amour I/II, Violons I/II, Violes, Continuo

Texte

Auteur du livret inconnu ;

1 : Alto : Strophe 1 du choral « O Ewigkeit, du Donnerwort » texte   Johann Rist 1642 ; mélodie du choral « O Ewigkeit, du Donnerwort » (1653) de Johann Crüger ; Basse : Psaume 119,166 ou Genèse 49,18.

4 : Apocalypse : 14,13 ;

5 : Strophe 5 du choral « Es ist genug » texte de Franz Joachim Burmeister 1662 ; mélodie du choral « Es ist genug » de Johann Rudolf Ahle (1662)

Références :

BWV 60,0
Titre O Ewigkweit, du Donnerwort
ZK (classement chronologique) 50
Date Dimanche, 7. novembre 1723
Liturgie luthérienne 24ème dimanche après la Trinité
Liturgie réformée 14ème Dimanche / B (parrallèle de Marc)
AT

Esaïe 54 : 7-13

7Un bref instant, je t’avais abandonnée, mais sans relâche, avec tendresse, je vais te rassembler. 8Dans un débordement d’irritation, j’avais caché mon visage, un instant, loin de toi, mais avec une amitié sans fin je te manifeste ma tendresse, dit celui qui te rachète, le SEIGNEUR.9C’est pour moi comme les eaux de Noé : à leur sujet, j’ai juré qu’elles ne déferleraient plus ces eaux de Noé, jusque sur la terre ; de même, j’ai juré de ne plus m’irriter contre toi et de ne plus te menacer. 10Quand les montagnes feraient un écart et que les collines seraient branlantes, mon amitié loin de toi jamais ne s’écartera et mon alliance de paix jamais ne sera branlante, dit celui qui te manifeste sa tendresse, le SEIGNEUR.11Humiliée, ballottée, privée de réconfort, voici que moi je mettrai un cerne de fard autour de tes pierres, je te fonderai sur des saphirs, 12je ferai tes créneaux en rubis, tes portes en pierres étincelantes et tout ton pourtour en pierres ornementales. 13Tous tes fils seront disciples du SEIGNEUR, et grande sera la paix de tes fils.

Épître

Colossiens 1,9-14

9Voilà pourquoi, de notre côté, du jour où nous l’avons appris, nous ne cessons pas de prier pour vous. Nous demandons à Dieu que vous ayez pleine connaissance de sa volonté en toute sagesse et pénétration spirituelle, 10pour que vous meniez une vie digne du Seigneur, recherchant sa totale approbation. Par tout ce que vous ferez de bien, vous porterez du fruit et progresserez dans la vraie connaissance de Dieu ; 11vous serez fortifiés à tous égards par la vigueur de sa gloire et ainsi amenés à une persévérance et une patience à toute épreuve.Avec joie, 12rendez grâce au Père qui vous a rendus capables d’avoir part à l’héritage des saints dans la lumière.13Il nous a arrachés au pouvoir des ténèbres et nous a transférés dans le royaume du Fils de son amour ; 14en lui nous sommes délivrés, nos péchés sont pardonnés.

Évangile

Matthieu 9,18-26 Guérison de l’hémorragique et de la fille de Jaïrus

18Comme il leur parlait ainsi, voici qu’un notable s’approcha et, prosterné, il lui disait : « Ma fille est morte à l’instant ; mais viens lui imposer la main, et elle vivra. » 19S’étant levé, Jésus le suivait avec ses disciples. 20Or une femme, souffrant d’hémorragie depuis douze ans, s’approcha par-derrière et toucha la frange de son vêtement. 21Elle se disait : « Si j’arrive seulement à toucher son vêtement, je serai sauvée. » 22Mais Jésus, se retournant et la voyant, dit : « Confiance, ma fille ! Ta foi t’a sauvée. » Et la femme fut sauvée dès cette heure-là. 23A son arrivée à la maison du notable, voyant les joueurs de flûte et l’agitation de la foule, Jésus dit : 24« Retirez-vous : elle n’est pas morte, la jeune fille, elle dort. » Et ils se moquaient de lui. 25Quand on eut mis la foule dehors, il entra, prit la main de l’enfant et la jeune fille se réveilla. 26La nouvelle s’en répandit dans toute cette région.

Choral Es ist genug, so nimm Herr meinem Geist
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Recueil Alleluia  
KGB  
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