Ecrire que les cantates de Leipzig sont l’aboutissement du génie, "l’équilibre enfin trouvé par le compositeur" et que celles de Weimar sont moins radieuses et que la sève créatrice y apparaît bien moins est vraiment un parti-pris infondé. Qu’évidemment la structure des cantates de Leipzig soit presque toujours la même, chœur d’entrée développé , successions de récitatifs et d’arias et clôture par un choral d’assemblée , cela ne prouve en rien que Jean-Sébastien tenait enfin là son modèle abouti. Cela ne fait que prouver que le culte à Leipzig ne variait aucunement dans sa forme.

A Weimar, le jeune Bach n’est que Konzertmeister du duc, ses cantates ne sont pas destinées à un usage cultuel premier, ce qui explique la plus grande variété formelle et surtout le fait qu’elles commencent pour la plupart par une sonata purement instrumentale. La sève créatrice de JS, est tout autant puissante, à Weimar qu’à Leipzig. Seulement le nombre des années ne bonifient pas forcément l'oeuvre musicale ou pour risquer une métaphore: La musique de Bach, est plus proche d'un grand cru du Beaujolais que d'un vieux Bourgogne, avec à la fois sa charpente et son fruité, un vin qui se déguste jeune et frais.